Le Syndrome d'Apnée du Sommeil est une pathologie souvent méconnue et pourtant fréquente. Par le danger qu'il fait courir au patient sur le plan cardio-respiratoire et par ses répercussions neuro-psychiatriques, sociales et professionnelles, c'est un syndrome qu'il faut savoir reconnaître et traiter à temps.Les Syndromes d'Apnée du Sommeil (SAS) peuvent s'observer à n'importe quel âge. Avant 60 ans ils touchent essentiellement les hommes, au delà les femmes sont aussi atteintes. Leur incidence dans la population générale est mal connue, elle est actuellement estimée dans une fourchette allant de 0,3 à 5 %. Parmi les hypertendus 22 à 47 % seraient porteurs d'un SAS.
Le SAS est responsable d'une mortalité de 11 % à 5 ans. Il est important de le diagnostiquer précocement, non seulement en raison du danger que court le malade sur le plan cardio-respiratoire mais aussi du fait des répercussions neuropsychiatriques, sociales et professionnelles.
Une apnée est caractérisée par un arrêt du flux aérien d'une durée supérieure ou égale à 10 secondes, la reprise respiratoire coïncidant habituellement avec un éveil très bref ou l'allègement du sommeil. A côté de l'apnée on définit une forme incomplète, l'hypopnée qui se traduit par une diminution du flux respiratoire d'au moins 50 %, associée à une désaturation de l'hémoglobine en oxygène égale ou supérieure à 4%. Sur le plan polysomnographique, le SAS se définit par un index d'apnée supérieur à 5 (nombre d'apnées par heure de sommeil) ou un index d'apnée-hypopnée supérieur à 10 (nombre total d'apnées ou d'hypopnées par heure de sommeil). Dans certaines conditions, notamment chez les sujets âgés, plus de 5 apnées par heure de sommeil peuvent être observées sans qu'il existe de manifestation pathologique. Les chiffres de l'index d'apnées hypopnées supérieurs à 50 ne sont pas exceptionnels. Mais au-delà du nombre d'apnées, la sévérité du syndrome n'est réellement appréciée que par la connaissance simultanée de la désaturation du sang artériel en oxygène qu'elles entraînent et du tableau clinique complet (hypersomnolence, troubles neuro psychiques, HTA, coronaropathie).
L'hypersommie diurne excessive, non réparatrice, est très évocatrice du SAS. Les endormissements intempestifs, bien que particulièrement fréquents en période postprandiale, peuvent se produire à n'importe quel moment de la journée et interfèrent alors gravement avec les activités sociales et professionnelles du patient. L'hypersomnie peut rendre la conduite automobile dangereuse.
Il s'y associe une sensation de fatigue soit permanente, soit surtout perçue le matin au réveil. Le sommeil nocturne fragmenté par de nombreux micro-éveils, le plus souvent non ressentis, est suivi de réveils matinaux difficiles. Ainsi les patients ont, en général, l'impression de bien dormir alors que les enregistrements polysomnographiques montrent que le sommeil est profondément perturbé. Il en résulte une privation chronique de sommeil, qui est la cause de somnolence diurne. Les modifications du caractère avec anxiété, dépression, irritabilité et troubles de la mémoire risquent de laisser errer le diagnostic. L'association possible à une impuissance ou des troubles sexuels contribuent à fragiliser l'état psychologique. Le mécanisme de ces troubles est peu clair. Les patients peuvent se plaindre de céphalées et de bouche sèche le matin à l'éveil s'estompant rapidement.
En conclusion, le SAS est suspecté devant un ronflement important, irrégulier, une somnolence diurne excessive et une fatigue chronique associées parfois à une irritabilité ou un syndrome dépressif.

